
cuentosIA
L'anniversaire magique d'Emma

La veille de ses seize ans, Emma rangeait sa chambre avec l'énergie d'un ouragan bien élevé. Marie préparait un gâteau, officiellement pour aider, officieusement pour surveiller le glaçage.
—Si tu goûtes encore, on devra appeler ça une crêpe verticale, lança-t-elle.

Sous une pile de vieux cahiers, Emma trouva un livre relié, sans titre, qui sentait la poussière noble et les décisions risquées. Elle l'ouvrit par curiosité.
Les lettres se mirent à danser. Emma sourit, puis le parquet fit CRAC comme un vieux genou théâtral.

Quand Emma rouvrit les yeux, sa chambre avait disparu. À sa place, Paris bruissait de sabots, de vendeurs pressés et d'odeurs de pain chaud. Un jeune homme surgit au coin d'une rue.
—Mademoiselle, vous tombez fort bien. Savez-vous courir dignement?

Emma voulut répondre qu'elle dansait mieux qu'elle ne courait, mais D'Artagnan l'entraîna déjà vers une cour. Un message devait parvenir au Louvre avant midi.
—Je précise que mon anniversaire idéal comportait moins de pavés, souffla-t-elle, pourtant amusée par l'aventure.

Dans la cour, une porte était bloquée par une charrette renversée et trois poules très investies dans le chaos. Emma observa l'ensemble, puis grimpa sur une borne.
—D'Artagnan, détournez les poules. J'accepte enfin que ma vie ait besoin d'une stratégie avicole.

Son plan fonctionna presque trop bien: les poules poursuivirent D'Artagnan avec une conviction militaire. Emma récupéra le message tombé sous la charrette.
Une voix familière vibra dans les pages du livre.
—Emma? Si c'est une blague, elle manque légèrement de notice.

Emma comprit que Marie l'entendait depuis l'autre côté du temps. Pour revenir, il fallait lire la dernière phrase du message à voix haute, devant le palais.
La place était noire de monde. Emma sentit sa gorge se fermer, puis pensa: j'ai seize ans demain.

D'Artagnan s'inclina, grave pour une fois.
—Le courage, ce n'est pas l'absence de peur. C'est lui répondre poliment de se pousser.
Emma rit, inspira, et lut. Les mots montèrent comme des étincelles. Le livre s'ouvrit, immense, lumineux, impatient.

Emma retomba dans sa chambre, juste à temps pour voir Marie entrer avec le gâteau intact. Presque intact.
—J'ai appris le courage, dit-elle.
Marie posa les bougies.
—Parfait. Alors tu peux avouer qui a mangé le glaçage. Emma rit, prête pour ses seize ans.






