
Qu'allons-nous travailler ensemble?
- Nous allons découvrir que la tristesse est normale
- Nous apprendrons à dire ce que notre cœur ressent
- Nous essaierons de respirer pour nous apaiser
- Nous verrons comment demander de l'aide

Juliette allait bientôt devenir grande sœur, et cette idée lui faisait pétiller le ventre comme du jus qui chatouille. Elle voulait aider ses parents mieux que mieux : plier les langes, choisir une chanson douce, surveiller le doudou neuf.
Ce matin-là, elle prépara son « carnet des grandes missions », rempli de dessins pour le bébé. —Je serai presque une adulte, mais avec goûter obligatoire, annonça-t-elle. Papa rit si fort qu’il faillit mettre une chaussette dans le réfrigérateur.

Après le petit déjeuner, Juliette voulut montrer son carnet à maman. Elle fouilla sous les coussins, derrière les livres, même dans le panier du linge propre qui sentait la lavande. Rien.
Son sourire glissa doucement. Le carnet n’était pas seulement du papier : il gardait ses idées pour accueillir le bébé. Sa gorge se serra. —Je crois que je l’ai perdu, murmura-t-elle. Elle essaya de rire, mais le rire resta coincé, tout petit.

Juliette courut dans le jardin, parce que l’air frais aidait parfois les pensées à remettre leurs chaussures. Près du vieux pommier, un bruit étrange fit trembler les feuilles : PLOUF ! Un visiteur venait d’atterrir dans le bac à compost.
C’était Hercule. Il se releva avec dignité, une épluchure sur l’épaule. —Je cherchais un monstre marin, pas une soupe de jardin. Juliette cligna des yeux, surprise malgré son chagrin.

Hercule remarqua les yeux brillants de Juliette. Il posa son énorme massue contre le pommier avec précaution, comme si elle pouvait faire une sieste.
—Tu as l’air triste. Est-ce que j’ai écrasé ton dragon ?
—Non. J’ai perdu mon carnet de grande sœur. Et je voulais tellement bien faire.
Dire les mots fit monter quelques larmes. Juliette baissa la tête. Hercule s’assit dans l’herbe, sans se presser, et attendit.

Hercule ne dit pas : « Ce n’est rien. » Il regarda Juliette avec une douceur étonnante pour quelqu’un capable de porter des rochers.
—Quand j’ai raté une épreuve, j’ai senti mon cœur lourd comme ma massue. La tristesse dit : quelque chose compte pour toi.
Juliette renifla. —Alors j’ai le droit d’être triste ?
—Oui. Et tu peux le dire, respirer, puis demander de l’aide. On essaie ?

Ils respirèrent ensemble. Hercule compta sur ses doigts : un, deux, trois pour inspirer ; un, deux, trois pour souffler. Juliette imagina que son chagrin était un nuage gris qui sortait doucement par la bouche.
Au troisième souffle, son ventre se détendit un peu. —Je suis encore triste, mais moins mélangée.
—Parfait. Même mes nœuds de sandales sont moins compliqués que certaines émotions, dit-il. Elle sourit malgré elle.

Juliette décida de demander de l’aide à ses parents. Dans la cuisine, maman pétrissait une pâte, papa rangeait des tasses par tailles, ce qui ressemblait à une réunion de petits chapeaux.
—Je suis triste parce que mon carnet a disparu. J’ai besoin qu’on cherche avec moi.
Maman essuya ses mains. —Merci de nous l’avoir dit.
Papa proposa une enquête : dernier souvenir, lieux visités, indices. Hercule prit l’air très sérieux d’un détective sans loupe.

L’enquête mena du canapé au couloir, puis jusqu’à la chambre du bébé. Juliette se souvint soudain : elle avait voulu mesurer si le carnet entrait dans le sac à langer. Elle ouvrit la poche du côté.
Le carnet était là, un peu plié, mais entier. Juliette le serra contre elle. Les larmes revinrent, différentes cette fois. —Je suis soulagée… et encore un peu triste d’avoir eu peur.
Hercule hocha la tête. —Deux émotions dans le même cœur : très solide.

Le soir, Juliette ajouta une nouvelle page à son carnet : « Mission spéciale : quand mon cœur pleut, je peux le dire, respirer et demander de l’aide. » Elle dessina aussi Hercule dans le compost, parce que les héros méritent la vérité.
Avant de partir, Hercule salua la famille. —Si le bébé perd une chaussette, appelez-moi. J’ai combattu pire.
Juliette rit. Elle n’était pas parfaite, ni toujours joyeuse, mais elle se sentait prête à aimer fort.
Qu'avons-nous appris?
- Juliette a découvert que la tristesse montre que quelque chose compte pour elle
- Juliette a appris que dire ses émotions peut aider à se sentir moins mélangée
- Juliette a appris que respirer et demander de l'aide peut réconforter
Questions pour réfléchir ensemble
- Pourquoi Juliette se sent-elle triste quand son carnet disparaît ?
- Que ferais-tu si tu perdais un objet très important pour toi ?
- Quand tu es triste, qu'est-ce qui t'aide à te sentir un peu mieux ?






