
Qu'allons-nous travailler ensemble?
- Nous découvrirons que la peur est une émotion normale
- Nous apprendrons à demander de l’aide quand ça fait peur
- Nous essaierons des astuces pour calmer notre corps
- Nous verrons que le courage avance avec la peur

À l’aéroport, Juliette tirait sa petite valise comme si elle promenait un chien très têtu. Les roulettes faisaient clac-clac sur le sol brillant.
Elle avait envie de découvrir le ciel, mais son ventre faisait des pirouettes. Marie remarqua ses mains serrées sur la poignée.
—Tu as l’air partagée entre “youpi” et “au secours”, non ?
Juliette souffla, puis hocha la tête.
—J’ai peur… mais je veux voir les nuages de près.

Dans la file d’embarquement, Juliette observa les passagers avancer. Une annonce résonna, et son cœur accéléra comme un tambour pressé. Elle imagina trois petits Tracas courir dans sa tête avec des chaussettes glissantes.
Marie se pencha doucement.
—La peur sert parfois à dire : “Attention, j’ai besoin d’aide.” On peut l’écouter sans lui obéir tout de suite.
Juliette posa une main sur son ventre.
—Alors ma peur parle très fort. Elle a même pris un mégaphone.

En entrant dans l’avion, Juliette sentit une odeur de tissu propre et de café. Le couloir semblait étroit, mais Marie avançait juste devant elle. Elles trouvèrent leurs sièges près du hublot.
Juliette s’assit, puis se redressa aussitôt.
—Et si l’avion éternue ?
Marie rit tout bas.
—Alors il dira “à tes souhaits” aux nuages.
Juliette sourit malgré elle. Ensemble, elles comptèrent quatre inspirations lentes, comme si elles gonflaient un ballon invisible.

Quand l’avion commença à rouler, les moteurs firent vrouuuum. Juliette sentit ses genoux devenir mous. Elle regarda Marie, puis le hublot, puis encore Marie.
—Je crois que ma peur veut descendre avant nous.
—On va l’emmener avec nous. Donne-lui une place, mais pas le volant.
Juliette posa ses pieds au sol, nomma ce qu’elle voyait : siège, fenêtre, nuage peint sur une aile. Sa respiration ralentit.

Puis l’avion prit de la vitesse. Le siège vibra, les roues quittèrent la piste, et Juliette ferma les yeux. Sa main chercha celle de Marie.
—J’ai vraiment peur maintenant.
—Merci de me le dire. Serre ma main, puis expire comme pour faire danser une plume.
Juliette souffla longtemps. Dans son ventre, les Tracas arrêtèrent de courir et s’assirent, essoufflés. Quand elle rouvrit les yeux, la ville ressemblait à un puzzle minuscule.

Au-dessus des nuages, tout devint calme. Juliette colla son nez près du hublot et rit : on aurait dit une montagne de chantilly.
—J’ai encore un peu peur, mais je ne suis pas toute seule.
Marie lui tendit un jus.
—C’est ça, le courage : avancer avec quelqu’un, même quand le ventre fait des loopings.
Juliette leva son gobelet vers le ciel. Les Tracas, très polis, semblaient enfin dormir dans un coin.
Qu'avons-nous appris?
- Juliette a découvert que dire “j’ai peur” aide à ne pas se sentir seule
- Juliette a appris que respirer lentement peut calmer les Tracas dans son ventre
- Juliette a découvert que le courage, c’est avancer avec quelqu’un de confiance
Questions pour réfléchir ensemble
- Pourquoi Juliette avait-elle peur au moment du décollage ?
- Que ferais-tu si tu avais peur dans un nouvel endroit ?
- À qui peux-tu demander de l’aide quand une peur devient trop grande ?






